CONCEPT
DE CRISE
ET PROCESSUS SUICIDAIRE
|
|
Affiche : courtoisie de l'AQPS ( Association Québecoise de prévention du suicide |
La crise suit un processus : la personne passe d'un état d'équilibre à un état de vulnérabilité; puis à un état de crise qui consiste en une période de déséquilibre intense.
Ce concept de crise comporte trois phases :
Tout d'abord, chaque individu tend généralement à maintenir son état d'équilibre sur les plans physique et psychologique. C'est ce que l'on appelle l'homéostasie. Lorsque cet équilibre est rompu, l'organisme répond aux situations stressantes par un ensemble de comportements qui lui permettent de maintenir l'homéostasie (comme par exemple, en pratiquant un sport, sortir entre amis, prier, relaxer, pratiquer un hobby, etc.).
Puis, lorsqu'une personne rencontre des obstacles qui l'empêchent d'atteindre cet état de stabilité, on dira alors qu'elle se trouve dans un état de vulnérabilité. A ce stade, elle a épuisé son répertoire de réponses (solutions) habituelles et ne sait plus quoi faire pour se sentir bien et s'en sortir.
Enfin, un événement supplémentaire peut entraîner un état de crise. Il faut rappeler que l'individu peut revenir à tout moment à l'équilibre lorsqu'une solution est trouvée. Ceci peut empêcher la crise de survenir.
Il est important de souligner que les événements qui provoquent une crise sont multiples et ébranlent différemment les personnes. Donc, les alternatives pour sortir de la crise sont variées et personnelles à chacun.
Des idéations ou des comportements suicidaires sont l'une des issues possibles d'une crise. La "décision" de passer à l'acte est rarement instantanée et elle s'inscrit dans un processus.
On peut diviser le processus suicidaire en cinq étapes :
La personne fait l'inventaire des différents moyens possibles pour se sentir mieux et s'en sortir. Chacune de ces alternatives est évaluée en fonction des chances qu'elle offre de produire un changement souhaité et d'atténuer la souffrance.
Au cours de la recherche et de l'élimination de solutions, il arrive que la personne considère le suicide comme l'"une" des solutions susceptibles d'éliminer la souffrance. Le suicide revient régulièrement comme une solution et l'on s'y attarde chaque fois un peu plus longtemps, élaborant toujours un peu plus les scénarios possibles.
L'individu rumine le projet suicidaire ; ce retour constant et régulier génère une angoisse et un stress qui attisent la souffrance et la douleur.
C'est le moment où le suicide apparaît à la personne comme la seule solution susceptible de mettre fin à son désarroi et à sa souffrance.
Cet événement est souvent la goutte qui fait déborder le vase et il survient au terme d'une longue série de pertes et d'échecs.
Finalement, le processus suicidaire est dynamique, il varie selon les personnes et les circonstances. La présence constante de l'ambivalence rend toutefois l'intervention possible, ainsi, nous pouvons tous aider une personne en crise suicidaire à entrevoir d'autres alternatives que la mort. Ce processus n'est pas irréversible ; on peut sortir d'une crise suicidaire en tout temps.
Ces précieuses informations proviennent d'un excellent livre sur le sujet : "Le suicide : Comment prévenir, comment intervenir" de Monique Séguin (éditions Logiques, 1991).